Clionautes

Quelles pédagogies avec les TICE en HG ? Quels outils pour nos pratiques ?

Les Clionautes seront auditionnés par la mission Fourgous dans le cadre de l'enquête sur l'école numérique. C'est donc le moment de nous donner votre point de vue. Bien sûr, nous le savons ici, les TIC sont entrés dans notre métier d'enseignant d'hgec à plusieurs titre. D'abord ils permettent d'enseigner mieux nos disciplines, en complément des autres outils. Ils permettent de penser l'enseignement autrement, de mettre en oeuvre une pédagogie centrée sur l'élève et de le rendre acteur de ses apprentissages. Ensuite parce que les outils numériques font partie de la vie quotidienne et professionnelle de tous, et qu'il faut former les élèves à vivre dans cette société numérique.
Pourtant, les usages des tice ne décolle pas et la France fait figure de mauvaise élève.
- pour vous, quels sont les freins qui expliquent la frilosité de l'école à l'égard des TICE ?
- quels sont les leviers qui permettraient de développer leurs usages ?
- pour vous, qu'est-ce devrait être l'école numérique ? Quels outils, quelles attitudes, quels partenariats l'école devrait-elle envisager ?

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Réponses à cette Discussion

Salut Caro:
Voici quelques éléments de réponse:
Les freins: des idées toutes faites (L'informatique fait encore peur...), trop peu de formations, une maintenance informatique qui repose sur du bénévolat, du matériel parfois obsolète.
Les leviers: La formation, embaucher des jeunes en CDI pour la maintenance informatique, renouveler le matériel (Les écrans trop petits ne permettent pas de cliquer sur la touche "valider" sur le site du rectorat Orléans-Tours...pour les frais du bac, par exemple), avoir un débit suffisant pour ne pas être bloqué sur des vidéos en ligne.
L'école numérique: Que toutes les salles soient systématiquement équipées d'un ordinateur, d'un projecteur.
Qu'il y ait davantage de salles informatiques pour que les élèves puissent manipuler.

a+

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Les Tice à l’école, vaste programme…

Les principaux freins sont à mon avis :

- Défaut de matériel généralisé. Certaines disciplines sont avantagées (maths, sciences, matières technologiques),
- Défaut de formation pour les enseignants, et surtout aucune motivation pour ceux qui s’investissent. Aujourd’hui faire un voyage scolaire est plus apprécié par la hiérarchie que développer les Tice. Les deux sont pourtant compatibles.
- Des équipes d’enseignants qui ne souhaitent pas se saisir de l’outil informatique parce que le travail de préparation est souvent plus fastidieux dans le cas où l’enseignant maîtrise l’outil.
- Dans le cas où l’enseignant maîtrise mal ou peu l’outil informatique son utilisation devient problématique devant un public jeune et souvent plus apte à ces nouvelles manipulations.
- Il y a très rarement remédiation en Tice lorsque l’enseignant n’a pas une maîtrise totale. Il y a encore trop souvent abandon.
- Les enseignants attendent encore des « produits finis » alors que la logique voudrait qu’ils forgent leurs outils comme leurs cours.
- Lorsque des outils sont proposés en ligne par des collègues, trop d’enseignants y cherchent une pertinence pédagogique et finissent par ne pas la trouver ce qui leur permet d’abandonner. Mais qui chercherait une pertinence pédagogique à la mise à disposition d’une calculatrice ?

Les leviers existent, mais la volonté de les actionner ?

- Proposer une formation disciplinaire et surtout transdisciplinaire (je teste cette année Histoire/Géo – Eco/Droit) aux collègues qui le souhaitent.
- Offrir une porte de sortie honorable à celles et à ceux qui s’investissent et/ou qui ont suivi les formations adaptées c’est-à-dire des compensations financières.
- Proposer des classes équipées à ces enseignants ainsi formés.
- Encourager la production de « produits » informatiques à vocation pédagogique.
- Profiter de l’engouement des jeunes pour tous ces nouveaux outils afin de les introduire dans nos pratiques d’enseignement.

Jacques MUNIGA

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Bonsoir

les freins : les administrations des établissements qui raisonnent en comptable et non pas en pédagogues, l'absence de reconnaissance des compétences des enseignants innovants, l'archaïsme de la conception de l'apprentissage et de l'appropriation des connaissances par de nombreux collègues, la frilosité intellectuelle, l'habitude, l'absence de maintenance et d'une vraie politique d'équipement donc de financement.

quelques leviers:
- premier effort en complément du C2I2E pour les néocollègues, étendre cette formation à tous les enseignants.
- centrer les formations non pas sur les outils mais sur les usages en classe, à la maison.
- reconnaitre réellement les compétences des enseignants dans les évaluations professionnelles
- créer des postes de responsables de maintenance dans des bassins d'établissement (deux ou trois)
- retirer aux intendants le pouvoir du choix des outils, logiciels ou autres matériels destinés aux classes.
- rechercher des nouvelles formes de financement des achats par les établissements (entreprises privées, dons d'administration etc.)

l'école numérique:
- la métaclasse, conçue comme une évolution parallèle à la société. la classe n'est plus le seul lieu d'apprentissage, la salle informatique, le CDI, la maison, le téléphone 3G, les réseaux sociaux virtuels devraient être des éléments de la métaclasse, dématérialisée , dissociée de la salle de classe fermée de l'établissement.

Beaucoup d'utopie et de provocation

Gilles

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Ca me semble être, en plus d'un problème de formation, un problème de temps: un volume horaire restreint en lycée pro qui nous fait aller à l'essentiel. Beaucoup de mes collègues pensent que se former + préparer des cours avec un support TIC + faire le cours avec ce support leur demandera beaucoup de temps de prép, beaucoup de temps en cours et donc encore moins de temps pour leur enseignement.
Les TICE sont vus comme un enseignement en plus et non pas partie intégrante de l'enseignement.
Dans mon lycée à La ROchelle, aucun problème de matériel, on est très bien dotés par la région (un ordi prof + un vidéo pro dans toutes les salles, des salles infos, des postes en nombre au CDI...) mais je dois être la seule prof sur 11 collègues de lettres-histoire à me servir du vidéo-pro et les mettre sur poste (hormis au CDI pour des recherches). INternet n'est vu que comme un moteur de recherches complétifs à nos cours.
Les beaux TBI arrivés en dotation il y a trois ont été..remisés faute d'usagers !
Des solutions? je dirais augmenter la formation mais la formation "simple": utiliser un vidéo-pro, google maps, twitter, créer un blog, utiliser le TBI...Etc. Les formations d'une journée complète sur des usages pointus du matos infos, pour un panel de profs désignés en formation interne, sont selon moi inefficaces.
Une formation ponctuelle et à la demande me semble plus adpatée. Je suis entrain de former de façon très informelle plusieurs de mes collègues à l'usage de twitter: à force de m'en entendre parler, ils sont curieux, interessés par mon enthousiasme.
L'usage des TICE doit être aussi démocratisée, popularisée par ceux qui les utilisent.

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Bonsoir
les avis de tous ceux qui sont déjà intervenus me conviennent bien.
Un exemple concret dans mon collège (rural)
Depuis qu'un assistant d'éducation spécialisé TICE est à temps quasi plein en salle info et chargé de la maintenance (légère) les profs qui ne se sentent pas surs d'eux lui demandent d'être avec eux en salle info quand ils y vont avec leur classe (et même moi quand j'y vais comme ce matin avec 29 élèves de 5è !!); le réseau fonctionne toujoius, les postes sont en bon état!!
Le rêve presque vu du côté des profs ! Sauf qu'il est payé au lance-pierre avec un contrat de 6 ans bientôt expiré et que ses compétences acquises en partie "sur le tas" ne sont pas reconnues sauf à l'interne !!

La salle info est surbookée mais on ne peux pas mettre chaque élève seul devant un ordi ou alors on fait comme cet après midi avec mes 6è : 20mn chacun et on tourne (pendant que les autres ont un travail "papier" à faire) et la présence de l'AE est une aide !

Les freins sont donc humains, financiers car il faut bien payer quelqu'un pour effectuer toutes ces tâches.

Pour la formation il faut à la fois que les gens aient des formations sur des outils précis mais qu'ils comprennent aussi que c'est par la pratique qu'on acquiert la maîtrise : donc il faut y consacrer du temps !
Pour avoir de la formation et du temps dans notre académie (Reims) il existe encore un dispositif original "produire et utiliser des ressources avec les TICE" : ce sont des stages sur le lieu d'exercice pour un projet précis avec une production en fin d'année. les équipes définissent leurs besoins avec le formateur et elles sont suivies (1/2j plus 1j plus 1/2j en fin d'année scolaire et contact mail entre temps)et elles s'engagent à produire des ressources soit à destination des profs soit à destination des élèves et c'est mis en ligne.
Je le fais pour former des gens à utiliser Didapages et cela donne des productions tout à fait intéressantes que l'on peut MUTUALISER
http://www.ac-reims.fr/datice/hist-geo/sequences/archi_dida.htm
C'est aussi cela qui est un frein : si les gens n'acceptent pas de "donner" leur boulot et en échange d'en recevoir (ce que nous pratiquons bcp chez les Clionautes) c'est sûr qu'on n'aura pas le temps suffisant !

Enfin pour avoir servi de cobaye pour le C2i2e (et en être titulaire) je dois dire que le niveau est assez élevé et qu'il y a du pain sur la planche pour former les collègues !!

Voilà j'ai voulu plutôt illustrer par des ex concrets que redire ce qui avait été déjà dit !

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Si j'en juge d'après le minuscule exemple de mon collège,
- les freins sont d'abord techniques-financiers : refus qu'il y ait du personnel, même sous forme de décharge partielle, qui puisse faire la mise en place et la maintenance; secondairement, les freins résident dans le manque d'habitude du travail en commun chez les enseignants, indispensable pour l'apprentissage pas à pas de ces techniques ;
- pour la maintenance, il faut du personnel - formation des OP volontaires, quelques heures de décharge à un ou deux enseignants par collège - et à un animateur reconnu qui inciterait à...
- "l'école numérique" me semble actuellement un simple slogan, l'école ne se définit par par les techniques employées; mais une école qui utilise pleinement ces techniques, oui, cela élargit la palette de l'enseignant et le rend acteur avec ses élèves de l'étape actuelle de l'écrit et de l'image.
A terme, on peut penser à une transformation profonde de l'école... les outils numériques offrent sans doute des possibilités à d'autres relations d'enseignement et d'éducation, à condition de ne pas tomber dans les illusions techniques.
Jean-Pierre Fournier

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Copier/coller de ma réponse sur HF et la liste des Clionautes :

Salut à tous, à mon tous, permettez-moi s'il vous plait, histoire d'alimenter la débat de me faire l'avocat du diable :
-le manque de matériel ? Les plans d'équipement se sont multipliés depuis 10 ans. Aujourd'hui tous les établissements sont équipés. Mieux vaudrait parler de mauvaise gestion des équipements. Je connais des bahuts où, pardonnez-moi l'expression, "c'est l'orgie" ! Je suis passé par des établissements qui ne manquait pas du tout de matériel. J'ai même rencontré un collègue qui m'a affirmé, qu'un TBI "dormait" dans son carton dans le labo d'HG, parce que personne ne souhaitait s'en servir. C'est donc plutôt un problème de gestion ! Le même problème existe pour l'entretien des matériel et des réseaux ! La question des réseaux est intéressante. Dans la plupart des établissements, on a connu deux phases : dans un premier temps les établissements les ont entretenus eux-mêmes, avec souvent une décharge d'un collègue responsable. Puis on a cherché à harmoniser tout ça, avec raison, en centralisant leur gestion dans le cadre des CRID. Or ces CRID ont souvent été sous-dotés : en Vendée seules deux personnes gèrent tous les réseaux samba-edu des collèges du département. Résultats : le manque de personnel entraîne un manque de réactivité devant chaque problème ; un collègue est toujours en décharge pour s'occuper des affaires courantes ; la "centralisation" provoque des difficultés de communication qui anime souvent les listes de diffusion. Résultat et selon mes infos vendéennes, les Conseils Généraux et régionaux sont en train de récupérer pleinement cette charge. Après tout ce sont les fournisseurs ! Dans les lycées, c'est quasiment déjà fait : la région Pays de la Loire fournit le matériel et le personnel pour l'entretenir.
2-La formation : j'entends dans vos courrier un déficit de formation. Permettez-moi encore de me faire l'avocat du diable. Voilà 10 ans que les DAFPEN ont mis le paquet sur les formations TICE, tant initiale que continue, tant individuelle que par équipe... Et tout ça pour quel résultat ? 10 ans après les IPR réclament toujours à corps et à cris des séances TICE qui leur soient présentée lors des inspections. C'est bien qu'il y a chez nos supérieurs le sentiment d'un problème.
3-La valorisation du travail des collègues : encore une fois on nous répondra que c'est déjà fait ! Les sites académiques se sont multipliés. Les séances jugées les plus pertinentes sont concentrées sur educnet. Le problème ne viendrait-il pas des enseignants qui ne prennent pas la peine... Ou des services académiques qui ne communiquent pas suffisamment ?

Pour conclure et pour rejoindre Denis Sestier qui a témoigné sur HF, je pense que le principal problème, le problème crucial, un problème qui ne coûterait pourtant rien à résoudre, c'est celui du positionnement pédagogique face aux
TICE : depuis 10 ans les TICE ont été massivement pensé vis à vis du prof et de son discours ; et non du côté de l'élèves et de ses apprentissages. L'exemple donné par Denis est le plus percutant : quelle est la première chose qu'on apprend à faire en formation, le degré zéro des TICE : la PAO, le bon vieux diaporama. Lequel est principalement utilisé comme un outil substituant au discours du prof un discours sous une autre forme... Pour le collègue pas plus intéressé par l'informatique que ça : pas de quoi casser trois pattes à un canard ! D'autant que pour utilisé son diaporama, il va falloir
qu'il vérifie que le chariot informatique sera libre à l'heure dite, que le logiciel utilisé est bien présent sur la machine qu'il va utilisé, ... Au moindre échec, c'est gagné : bye, bye les TICE ! Avec la généralisation d'Internet, on est passé au niveau au-dessus, en apprenant aux collègue à faire des mini-sites web. Dreamweaver 2 a pour l'occasion été déclaré "abandonware", sans qu'Adobe-Macromedia n'ait jamais affirmé de manière claire qu'elle laissait ses droits sur
ce logiciel... Dans le fond il s'agissait de la même chose. Mais, c'était mieux, c'était "interactif". Et c'est là toute la question qu'est-ce que l'interactivité ? Quelle liberté d'action l'élève a-t-il ?
Attention, je ne dis pas qu'il faut jeter tout les diaporama aux orties ! Je dis juste que pour moi pour faire l'école numérique, il faut refonder tout notre positionnement sur les TICE : la révolution des TICE va au-delà de ce qu'a été en son temps la révolution de l'audiovisuelle. Les TICE sont à la fois source d'information, outil de communication, et outil d'apprentissage. Or depuis 10 ans, nous avons eu tendance à les considérer le plus souvent sous le premier angle, sous le second et dernier angle que trop rarement. Repensons notre usage des TUICE : les formations, les équipements suivront.

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Copié-collé également d'une réponse sur les listes.
Je le fais car le ning a plus de visibilité pour des internautes extérieurs, et pour ma mission Tice qui nous suit.

j'adhère complètement à la conclusion de Cyril :

"il faut refonder tout notre positionnement sur les TICE : la révolution
des TICE va au-delà de ce qu'a été en son temps la révolution de
l'audiovisuelle. Les TICE sont à la fois source d'information, outil
de communication, et outil d'apprentissage. Or depuis 10 ans, nous
avons eu tendance à les considérer le plus souvent sous le premier
angle, sous le second et dernier angle que trop rarement. Repensons
notre usage des TUICE : les formations, les équipements suivront."

Les TICE, quand elles ne sont pas utilisées comme le placage du cours du
professeur, modifient la relation pédagogique. Ce n'est pas un outil comme les
autres. Je crois qu'il induit une modification des modèles
de lecture, d'exploration, de construction de la pensée et de la connaissance.
En écrivant cela, je pense notamment aux pédagogies liées au web 2.0. qui sont plus participatives, plus éclatées (plus de place à la liberté, au choix, à l'imprévu ou encore à la sérendipité...), qui procèdent d'un apprentissage qui est moins linéaire (s'il peut encore l'être).

Que peut-on faire de la formation ?
Les modèles de formations proposés dans les académies relèvent en effet - le plus souvent -du bourrage de crâne et/ou de la performance. Les formateurs, dont je fais partie,
essaient de convaincre et de donner le maximum dans le temps imparti, qui doit en
outre laisser du temps à la manipulation pour prendre en main l'outil informatique. De plus, il faut gérer l'hétérogénéité forte des groupes de stagiaire, y compris au niveau des attentes vis-à-vis des stages.
Il faut revoir ce modèle de terme de formation/accompagnement/évaluation sur des temps
plus longs et échelonnés dans un programme qui peut allier formation généraliste rassemblant bcp de stagiaires, y compris de matières différentes, de formations disciplinaires, de formations d'équipes sur site, et utiliser pour le suivi l'accompagnement à distance (je préfère ce terme à la formation à distance).
Donc, au lieu d'avoir des collègues stagiaires qui se déplacent, on peut très bien imaginer en parallèle des équipes mobiles de formateurs qui assurent le suivi pédagogique sur le terrain des établissements.
On entend parler de plus en plus de la formation à distance. Ce modèle de formation, s'il est exclusif, est une impasse. Elle peut prendre place dans un dispositif qui serait plus complexe et plus ambitieux qu'actuellement.

@ suivre,

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Salut à tous !

Mon regard est celui d'un prof stagiaire, un peu différent de ceux présents ici :

Concernant les TICE en eux-mêmes, je ne suis pas "un fan" :

- Je trouve que les eleves passent suffisamment de temps devant des écrans de toute sorte. A quoi rime de leur imposer des heures supplémentaires à l'école ? Un collègien en 6e va bientot passer 10 heures par jour devant un écran (heures de cours + ordinateur le soir chez lui + TV) : est-ce pédagogique ?

- J'ajouterai que certains profs en sont devenus accros et ne présentent plus que des séances avec video-pro ou TBI : les eleves disent même "qu'ils vont au cinema" lorsqu'ils se rendent dans ces cours. Est-ce productif ?

- Je suis donc stagiaire et j'ai l'impression parfois que l'on cherche plus à nous former aux TICE qu'a nous former tout court : tres sincerement, je prefere etre formé pour faire un cours avec un manuel + une craie + un tableau noir plutot qu'etre capable d'utiliser des TICE sans savoir ce que je mettrai dans ma séance.

- Je suis surpris de lire que le materiel est disponible partout ; ce n'est pas vraiment le cas dans mon academie. Certes, cela progresse mais il y a encore des etablissements sans wifi, sans reseau, sans TBI (souvent "réservés" pour les sciences) voire sans video-projecteurs. Pour mon cas personnel, je ne dispose que d'un retro-projecteur et meme pas à chaque cours.

- Petite anecdote à propos du materiel : en Correze, Francois Hollande, president du conseil general, a mis en place depuis un an la distribution d'ordinateurs portables à chaque eleve de 5e ; cette année donc, tous les eleves de 4e ont le leur depuis l'an passé. Sauf que ce sont des ordi de qualité moyenne, fonctionnant sous Linux. De plus, ils ont une batterie d'environ 2 heures : comment rechargez-vous 100 ordinateurs portables quand il n'y a que 3-4 prises dans votre salle ? Comment faire quand un ordi tombe en panne : le gamin ne participe pas au cours ?

Bref, vous avez bien compris que je n'etais pas forcement attiré par les TICE.... Et bien vous avez en partie tort. Je considere extremement interessant l'utilisation des TICE a condition d'avoir le materiel, les competences et l'envie de les utiliser : en cartographie, on peut utilement monter une seance powerpoint pour montrer les differentes etapes de la construction cartographique ; en histoire, l'etude d'une peinture est bien favorisée en pouvant cibler certains elements difficiles à voir sur une representation sur le manuel... Je n'ai pris que ces deux exemples mais il y en a bien d'autres, vous le savez mieux que moi...

Pour finir, je dirais que le frein majeur de l'utilisation des TICE reside dans le manque de confiance des enseignants :
- dans leurs competences : manque de formation, lourdeur des formations, formation mal ciblée...
- dans l'utilité et l'interet des TICE : j'ai peu de temps, est-ce que ca vaut le coup de monter une séance TICE ? J'ai toujours bien fonctionné sans, pourquoi devrais-je les utiliser maintenant ?

Le debat reste ouvert : pour ma part, je suis pret à mettre en place ces TICE mais en tant qu'outils et non comme finalité de l'enseignement de nos disciplines.

Cordialement à tous

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Bonjour à tous,

Les freins
-Dans mon établissement, c’est plutôt le manque de matériel, une salle multimédia surutilisée, avec une difficulté de trouver des créneaux horaires et aussi de faire une séquence en l’utilisant plusieurs heures. En tant que formateur dans le 44, je vois souvent ce cas de figure où la salle est difficilement accessible, surtout quand une ou deux matières ont la primauté sur les autres disciplines : maths, anglais, techno..
- Des problèmes aussi, de manque d’ordinateurs avec vidéoprojecteur. Autre soucis, le choix d’avoir des terminaux serveurs dans les classes Ils sont plus faciles à réparer mais nous empêche par exemple de pouvoir utiliser Google Earth en classe. Nous avons aussi le problème de la validation des logiciels par le personnel mis à notre disposition par le Conseil général qui gère les réseaux des établissements scolaires du 44. C’est une chance pour la personne ressource tuice que je suis, mais aussi un problème. La validation des logiciels demande du temps et nous ne pouvons utiliser la dernière version d’un logiciel acheté si elle n’a pas été validée (exemple, la dernière mise à jour de cartOoo par Open office ne peut-être installée car elle n’a pas été validé, il faudra attendre l’année prochaine).
- L’autre frein, la possiblilité de partir en formation par manque de moyen offert par l’établissement. Des choix de formation qui sont plus des formations à un outils faire des blogs… qu’une réflexion didactique de l’utilisation des TUICE. On peut également avoir des pressions de la part de l’administration, regardant d’un œil circonspect, par exemple l’utilisation d’un wiki durant le travail de classe. Je suis en accord avec de qui été dit devant la peur de prof du côté chronophage de l’utilisation des TUICE, mais le nouveau programme de sixième les pousse beaucoup plus à sauter le pas.

Evolution de la formation
- J’adhère également avec les réflexions d’Anthony sur HFrançais, « Donc, au lieu d'avoir des collègues stagiaires qui se déplacent, on peut très bien imaginer en parallèle des équipes mobiles de formateurs qui assurent le suivi pédagogique sur le terrain des établissements. » Je viens de faire une formation, en me déplaçant sur un collège-lycée pour une dizaine de prof d’HG (cela été beaucoup plus porteur). Cette formation qui se déroulait en deux séances séparées d’un mois à permis aux profs de préparer des séquences et de me soumettre les problèmes rencontrés. Ils sont demandeurs aussi d’un suivi didactique sur le long terme : donc du transdiciplinaire oui pour les formations pour faire des ponts comme nous le faisons avec Sésamath et weblettres mais aussi des formations disciplinaires didactique. Actuellement l’introduction des nouveaux programmes entrainent une émulation pour l’utilisation des TUICE qu’il ne faut pas louper avec son utilisation sous l’angle d’outil d’apprentissage comme le souligne Cyril.

Découpage de la journée
- Comme le souligne Denis dans son message pour HFrançais, le découpage par heure de cours ne se prête pas aux projets. L’abandon des IDD qui étaient un espace pour développer des projets tuice posent problèmes. Je peux le faire actuellement en DP3 en 3e, car mes heures sont regroupées et nous avons le temps de faire des sorties sur l’espace proche sans grignoter les cours des collèges : nous pouvons aussi utiliser plus facilement des outils comme Didapages ou les wikis.

Un besoin
- Je remercie Denis par la pertinence de ses propos sur HFrançais entre-autre pour la proposition des heures de décharge pour ceux qui font de nombreuses propositions numériques. Le temps n’est pas extensible et la multiplication des offres des partenaires industriels et commerciaux grevant le budget des établissements et proposant des produits fermés ne sont pas facteurs d’utilisation didactiques des TUICES et d’appropriation de celle-ci.
.

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Tu as raison Damien les TICE ne sont qu'un outil parmi d'autre. Le tout-TICE n'est pas une solution. L'ordinateur ne remplacera jamais le rapport humain. Et je suis d'accord avec to, si les élèves ont le sentiment d'aller au cinéma, c'est que l'utilisation des TICE n'est pas pertinente. L'utilisation des TICE doit apporter une plus-value ! Sinon pourquoi perdre son temps ? Amitiés. Cyril

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bonjour Damien,
Pourquoi mettre les élèves devant un écran ? Pour développer une culture du numérique et de l'Internet, qui chamboule le champ des connaissances et de la communication. Devons-nous laisser les élèves à leur culture et leurs usages ?
Est-ce pédagogique ? Pour ma part, ce n'est pas l'outil qui fait la pédagogie, c'est le projet dans lequel s'inscrit le professeur, et qui répond à des modèles éducatifs voire politiques plus larges. La craie et le tableau noir ne sont pas plus pédagogiques qu'un écran.
Maîtriser les tice pour en faire une copie du cours magistral ou dialogué (soit en position frontale) ne vaut vraiment pas la peine. Les tice permettent de sortir de la pédagogie frontale du maître qui montre et qui explique, et ce serait dommage de se contenter des exemples d'utilisation que tu as cités (ils sont pertinents).
Faire des Tice une finalité de l'enseignement ? C'est une logique que des marchands d'ordinateurs et de logiciels approuverait, pas des professeurs qui dans leur pratique connaissent bien la complexité des processus d'apprentissage et la nécessité de proposer des situations d'apprentissage variées et adaptées. [Cette critique courante contre les Tice me fait penser au débat tronqué et caricatural sur les méthodes de lecture]. Là encore les ressources du net sont un atout qu'il serait simple d'ignorer, mais n'est-il pas plus intéressant de confronter les élèves à ces ressources et d'interroger leurs pertinences. Quelques questions à ce propos :
Comment former l'esprit critique des jeunes quand le choix des corpus documentaire relève uniquement du professeur ou bien souvent de l'éditeur de manuel choisi ?
Que faire quand lors d'un travail maison les élèves nous ramènent, très fiers d'eux et pleins de bonne volonté, un document imprimé de Wikipédia ?

J'ai trouvé dans l'usage des Tice une façon de mettre en oeuvre une pédagogie socio-constructiviste, qui convient à mes opinions d'éducateur et de citoyen. Cette pédagogie peut très bien se passer d'Internet et de l'ordinateur, mais disons que dans le monde actuel, c'est devenu un enjeu citoyen et éducatif, et que je préfère voir l'institution prendre l'affaire au sérieux plutôt que d'écouter les chantres d'une "école fermée".

Cordialement,

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